Sweet Lands (Pixie Games) – Le Compte Rendu

On peut s’estimer chanceux d’avoir eu l’occasion de tester ce nouveau jeu expert de chez Pixie Games, au vu des ruptures de stock un peu partout en boutique. Il faut avouer qu’on avait pas mal lorgné sur cette future sortie, qui s’apparente clairement à une potentielle pépite ludique. Alors… usurpation ou véritable coup de maître ? 

Si vous comptez sur moi pour répondre à cette question, alors c’est râpé. Ici, je vais simplement vous partager mon expérience vécue. Je n’ai ni le talent, ni le professionnalisme pour livrer une vraie critique. Il s’agit plutôt d’une tranche de vie ludique… bref, un compte rendu quoi.

La mise en place de l'enfer

J’avais déjà “dépunché ” au préalable toutes les tuiles, tokens, plateaux, etc… histoire d’être tranquille. Mais au moment de tout sortir, j’ai dû ranger l’ensemble dans d’immondes petits sachets plastiques pour catégoriser chaque élément. Et il y en a une pelletée ! J’ai pour habitude de ranger les éléments propres à chaque joueur d’un côté, la pioche de l’autre… mais là, il y en a partout.

Le soir même, il m’a donc fallu pas moins d’une heure pour sortir tous les composants et les disposer de la meilleure façon possible. Et encore, je me suis retrouvé bien embêté lorsqu’il a fallu placer le plateau central : à l’horizontale ? en diagonale ? Sachant que nous étions trois joueurs, disposés en U autour de ma (pourtant pas si petite) table. Finalement, on a réussi tant bien que mal à faire en sorte que le plateau central soit à peu près visible pour tout le monde.

Bref, un insert ne sera pas du luxe. Il sera même indispensable.

Le matos est mortel, mais ne vous laissez pas avoir par ce côté "chou" et "Kawaii", le jeu va vous faire souffrir !

Une expérience épique, complexe juste ce qu'il faut.

Nous voilà donc réunis autour de la table. Mes deux compères ne connaissant qu’à peine les règles, il a donc fallu aborder tous les points. J’avais déjà tenté une partie quelques jours auparavant, stoppée dès la fin de la première manche. Les règles étaient encore relativement fraîches dans ma tête, j’ai donc débité un peu pêle-mêle tout ce que je savais.

Heureusement, j’avais en face de moi deux joueurs qui avaient de la bouteille, ce qui m’a permis de passer assez vite sur certains détails. Malgré tout, il m’a fallu pas loin d’une heure d’explication.

Non, d’accord, Sweet Lands n’est pas complexe. Je dirais même qu’il est assez abordable (j’en ai connu des plus velus). Mais des possibilités d’actions, des règles et autres restrictions par-ci par-là, il y en a pléthore ! Alors lorsqu’on se lance dans un jeu qui promet sur la boîte une durée de 200 minutes 😱, autant s’assurer que tout le monde ait bien toutes les cartes en main.
Malheureusement, ça ne m’a pas empêché de faire quelques oublis… mais dans l’ensemble, on s’en est plutôt bien sortis.

Le but du jeu ?

Étendre son domaine, se créer un moteur de cartes et avancer sur plein de pistes.
Oui, et pour ça, on n’a pas un mais trois plateaux individuels devant nous.

Le plus imposant, c’est le domaine. Vierge de tout, et on comprend vite qu’il va falloir y aller par étapes : créer un terrain, le viabiliser avec des chemins, construire dessus, puis enfin l’habiter. Et tout ça, pour chaque case hexagonale de son territoire.

Évidemment, on ne va pas tout remplir, mais c’est bien ce que le jeu propose en toile de fond. Pour y parvenir, on dispose d’actions possibles, sous réserve de les “acheter” avec une, deux, voire trois cartes de notre main, et bien sûr avec les ressources correspondantes.

Si on ne peut pas tout faire, on se rend vite compte qu’il faut quand même toucher à un peu de tout pour éviter de se retrouver bloqué.

C'est long... c'est très long... mais c'est ça qu'est bon !

Le temps de jeu ne m’effraie habituellement pas, mais je dois avouer que la plupart du temps, mes parties durent le double de ce qui est annoncé sur la tranche des boîtes… alors 200 minutes, ça laisse perplexe.

Les premiers tours démarrent, et comme souvent dans ce genre de jeux, c’est un début assez poussif. On voit bien l’ampleur du chantier qui nous attend, mais on ne distingue pas encore clairement quelle stratégie va nous permettre d’y arriver.

Malgré tout, la perspective de faire évoluer son domaine est enthousiasmante. On n’a pas vraiment le temps de se préoccuper des autres.

Au fil de la partie, je vois toutes les erreurs que je commets, mais elles me laissent entrevoir de vraies marges de progression — et ça, c’est le signe d’un très bon jeu.

Ma plus grosse erreur a clairement été de ne pas avoir accordé suffisamment d’attention à l’utilité des cartes. Car si elles servent, entre autres, à réaliser des actions de base, elles sont aussi des actions à part entière. Des cartes que l’on peut “automatiser” si on s’y prend bien, rendant le combottage absolument redoutable lorsqu’il est bien construit.

Et c’est précisément sur cet aspect-là que le jeu m’a giflé… grâce à mon voisin de table.
Lui, il avait parfaitement compris comment Sweet Lands fonctionnait. Il enchaînait des tours d’actions d’une insolence totale en termes d’efficacité. Et c’est en le regardant jouer que j’ai compris que ce jeu n’était pas “juste” un jeu expert avec une multitude de possibilités. Sweet Lands est un pur bijou de combottage. Réussir à faire fonctionner tout ce petit monde ensemble est tout simplement incroyable.

Verdict à chaud

La fin de partie parle d’elle-même : je termine péniblement à 73 points, tandis que notre adversaire nous pulvérise avec plus de 220 points. Je suis sorti de l’expérience complètement rincé.
Alors oui, le début de ce qui s’est révélé être une bonne grippe bien carabinée n’a pas aidé… mais surtout, voir à quel point j’ai peiné toute la partie, tout en constatant ce que le jeu peut offrir lorsqu’il est bien maîtrisé, est tout simplement stupéfiant.

À peine la boîte refermée, j’avais déjà envie de replonger dans ce merveilleux monde archisucré. Il y a eu des jeux où je me suis fait rétamer sans que cela ne provoque la moindre émotion. Ici, c’est tout l’inverse : j’ai envie de progresser, de comprendre, de ressentir cette adrénaline que mon adversaire a provoquée ce soir-là.

Ce ne sera pas facile, car la durée peut clairement jouer sur l’envie de le sortir régulièrement. Mais je pense que je serais bien trop frustré d’en rester là.

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